Chapitre 1

Chapitre 1
Ellipse par rapport au monde actuel : Le groupe Tokio Hotel continue de bien marcher , les twins ont maintenant 25 ans .







Je sen
s monter le stress , à chaque seconde ça empire . Il y a cette boule dans ma gorge qui m'empêche de respirer , et cet étau qui me serre la poitrine ...
Ca va être l'heure . J'en
tends le bruit de la foule qui vrombit . Les lumières s'éteignent , tout devient calme . Un spot, puis un deuxième . Je sais comment ça va se passer . Une forte lumière rouge va inonder la salle , et les filles vont commencer à défiler . D'abord Angeline , dans une robe de cocktail de mousseline légère, très ouverte dans le dos , et puis Marizza , avec l'ensemble orange à la jupe très bouffante . Loreline ensuite, en robe longue de satin rouge . Et puis la lumière changera, et viendra Carlotta en vert pomme . Il faut que je me calme . Tout va bien se passer . Ca y est, la lumière rouge . J'embrasse le médaillon que je porte autour du cou et je croise les doigts . Je vois crépiter les flashs , là-dehors , derrière le rideau qui me protège . En quelques secondes, j'ai l'impression que tout peut basculer . C'est déjà le tour des hommes . J'ai Jean-Louis en première ligne, et puis Ricardo et Amaury . Ils portent tous les trois les costumes que j'ai taillés sur mesures pour eux . Je sais qu'ils vont être magnifiques, baignés de cette lueur jaune . On a fait mille essais avec Ugo et je sais qu'ils sont parfaits .
La foule applaudit dehors . I
ls ont aimé alors ? C'est à moi de me présenter ... Je m'avance sur le podium et reçois d'innombrables roses . Je sais que j'ai le plus large sourire du monde dessiné sur le visage, parce que ce soir est le plus beau de toute ma vie ... je viens de terminer la présentation de ma première collection haute-couture, et c'est un succès phénoménal ...

Ellip
se: 2 mois plus tard
"-Simone ! J'aurais bes
oin du numéro de téléphone de ce jeune homme s'il vous plait !
-Son numéro personnel ou c
elui de son manager ?
-Non non, le personnel
s'il vous plait ! Je pars pour Milan dans deux jours, j'aimerais l'avoir d'ici là !
-Bie
n Madame !"
Je remercie Simone et retourne à
mon bureau . J'ai eu un peu de mal à m'habituer au flegme de mon assistante ... elle a deux ans de plus que moi, et pourtant elle me voit comme une déesse grecque ... mais c'est vrai, depuis quelques mois, je vis quelque chose d'assez extraordinaire pour me demander tous les matins si je ne rêve pas ! A 22 ans , je suis déjà au sommet de la mode , et j'ai lancé ma propre ligne de vêtements haute-couture ! En ce moment, je crée ma ligne de prêt-à-porter , et le plus dur est de trouver des mannequins qui soient faits pour porter ce que je leur propose . Bien sûr, ils aimeraient tous se voir en Sosh'iK sur un magazine, mais ma ligne pour homme se prête à des physiques peu communs , et je ne peux pas standardiser mes tailles ou bien ma collection baptisée Skinny n'aurait plus d'intérêt . Ca fait donc un mois que je me bats pour trouver LE mec qui représenterait le mieux cette ligne d'avant-garde ! Et ce matin, je suis tombée par hasard dans un kiosque sur LE corps parfait ! J'ai vite acheté le magazine en question, un magazine de rock il me semble, et je l'ai épluché pour trouver d'autres photos de ma créature . Il s'appellerait Bill Kaulitz et serait allemand . Peu importe en fait , puisqu'il est comme il est .
On toque à ma
porte, et je relève à peine la tête de la liasse de papiers que je suis en train de trier .
"-Madame ? J'ai votre numéro .
-Ah Simon
e vous êtes une fée ! Et vous pouvez m'appeler Julie, vous le savez !
-Oui Madame . Je le
pose sur votre bureau .
-Merci !"
Quand à 2
2heures je relève enfin le nez de mes papiers , je remarque que tout est noir dans le loft où je travaille . Simone a quitté son poste depuis deux heures , et Ugo mon assistant a du rentrer chez lui après avoir terminé la retouche que je lui avais demandé de me faire sur un jean .
Sur le coup, je me sens vraim
ent seule ... je n'ai aucune envie de rentrer chez moi, alors je me cherche une occupation . Un carré de papier jaune attire mon attention, sur le coin du bureau . Tiens, je l'avais oublié celui-là ! Comment s'appelle-t'il déjà ? Ah oui, Bill Kaulitz !
Je compose le
s dix chiffres, précédés de l'indicatif pour l'Allemagne . Au bout de trois sonneries, une voix d'homme me répond en Allemand . Non non, coco , avec Julie c'est anglais ou français, pas plus !
"-Excuse me ! Can you speak e
nglish please ?
-Ow , Sure ! I'm sorry . Who
are you ?
-I'm Julie Seneka from ...
-Oh my
god ! THE Julie Seneka ? From Sosh'iK ?
-Of
course ! And you are Bill Kaulitz isn't it ?
-Yes . What can I do for you ?
-Well, I was
wondering if you would like to be my model , for the next fall-winter collection ...
-Are
you ... are you serious ? I mean ... me ?
-
Yes you, I saw you in a magazine today, and I think you have THE perfect body to represent my collection . Are you okay ?
-Of course
I am !
-Ok so , when can we meet each other
?
-This week I have two concerts in France ,
so we can meet in Paris if you want . Tomorrow or thursday , as you want .
-Tomorrow it'
s perfect ! Come to my studio , at rue Lafayette , you know where it is ?
-No but my cha
uffeur will bring me .
-Perfect , see you Bil
l !
-See you !"
Je raccroche , satisfaite .
Ne reste plus qu'à espérer que l'entrevue de demain soit bonne . Le sentiment de solitude de tout à l'heure ne m'a pas quittée ... je décide d'appeler Clara, ma soeur .
"-Allo ?
-Allo ma soeur de mon coeur ?
-Oh ma Julie !
Qu'est-ce qui t'arrive ?
-Rien de spécial,
j'avais envie de te parler !
-Tu veux passer
à la maison ? Je viens de coucher les filles et j'allais me faire un chinois !
-Un chino
is ? Tu l'as trouvé dans la rue ?
-Rho t'es bê
te ! Alors tu passes ?"
Je réfléchis trente
secondes : si je vais chez Clara, c'est sûr, je ne vais pas dormir de la nuit et être crevée demain . Mais si je n'y vais pas, je vais tomber en dépression ... je lui réponds :
"
-Ok, laisse-moi le temps de chopper un grec et je suis là !
-A tout de suite, Blonde De
Choc !"
Je ferme le studio à clé et grimpe su
r mon scooter . Dans Paris, c'est quand même plus pratique que la voiture ! Un quart d'heure plus tard j'arrive devant l'immeuble de Clara, qui descend m'ouvrir le garage souterrain .
"-Comment tu vas ma Blonde ? T'es de p
lus en plus maigre dis-moi ! Mais t'es magnifique !
-Toi on voit que tu es en congé mate
rnité !
-Hé ho j't'en prie ! J'voudrais bien
t'y voir moi, avec des jumelles sur les bras !
-Ah ça , ça risque pas !
-T'as bien raison
, de toute façon les hommes sont trop glauques pour toi !
-Tiens en parlant d'homme, je
crois avoir trouvé LE mec parfait pour ma nouvelle collection !
-Ha ha ! Enfin un qui te
convienne ?
-Enfin, c'est pas sur, je dois
le rencontrer demain pour qu'on s'arrange . Je crois qu'il est très connu dans le monde des jeunes, ça pourrait aider tu vois ...
-C'e
st qui ?
-Il s'appelle Bill Kaulitz ."
Là, j
e vois ma soeur ouvrir d'immenses yeux ...je finis par lui demander :
"-Quoi ?
-Mais enfi
n Julie ... LE Bill Kaulitz ?
-Je suppose ou
i ...
-Tu te souviens pas qu'on était grave
à fond sur lui quand on était petites ?
-Atte
nds ... tu veux dire la période posters dans la chambre ?
-Je veux dire la période où nos
trois chambres, avec celle de Marie, étaient absolument cou-vertes de posters de ce groupe ... attends le nom m'échappe ... Tokio Hotel !
-Mon dieu mais ... mon Dieu mais ouiii
ii ! J'me souviens même qu'on avait pleuré pendant des nuits entières pour aller à leur concert, et les padres avaient jamais voulu !
-Mouais d'ailleurs c'est crado de leur part,
j'étais quand même majeure à l'époque , j'aurais carrément pu vous y emmener Marie et toi !
-Ouais mais attends, moi j'avais 15 ans,
et Marie 13 si j'me souviens bien, alors c'est un peu normal hein !
-Comment on les a o
ubliés déjà ?
-Je sais plus ... en fait c'est
que je suis partie de la maison pour mes études, toi t'es partie habiter à Montpellier, Marie s'est mise à écouter du rap et puis ... ça nous a passé ...
-En tout cas, tu me di
ras s'il est toujours aussi sex !
-J'y manque
rai pas tu peux me croire !
-Tu restes dormi
r ici ?
-Mmmm ... mouais ! Tiens ça fait sup
er longtemps ! On déplie ton canapé-lit ?
-Ok
iche, et on dort toutes les deux comme avant ! Tiens on devrait même faire une visio-conférence sur internet avec Marie !
-Ouais pis
j'ai pas de nouvelles d'elle depuis la semaine dernière, elle va bien ?
-Oui je crois qu'
elle a encore quitté Matteo ... elle lui fait vraiment vivre la misère à ce pauvre mec !
-Ca on s'est toujours doutés qu'elle serait comme ça ! Ca marche pour elle les cours ?
-
Ca a l'air ouais , elle fait un stage le mois prochain dans un théatre .
-C'est bien qu'e
lle ait continué dans cette voie ! Et toi, petite Maman, au cabinet ?
-Oh ben ya ma rempl
açante qui est là alors je fais trainer mon congé maternité ! Avec la pension que me verse Arnaud, je peux survivre !
-Tiens comment
va-t'il d'ailleurs ?
-Aucune idée . Et c'est
mieux comme ça . J'en pouvais plus qu'il fasse semblant de vouloir voir les filles . Le juge a fini par comprendre qu'il n'en avait rien à faire, en fait .
-C'est triste quand
même , pour elles et pour toi .
-Oh tu sais,
je me doutais bien que ça se passerait comme ça .
-Ouais mais quand même ... et les padr
es ?
-La crise de Maman lui a passé, elle a
moins mal aux poignets . Par contre Mitch a quelques soucis de dos . Ils sont super contents d'avoir ouvert leur restau ! Tu devrais les appeler de temps en temps, ça leur ferait plaisir !
-Je sais ... et ta soeur Louisa c
omment ça va ?
-Ben elle vient d'avoir 15 an
s donc elle est en pleine crise d'ado ! Elle fait raler mon père en permanence mais le plus drole c'est quand sa mère m'appelle en pleine nuit pour savoir si je sais comment calmer ses crises d'angoisse ! Elle s'est pas encore rendue compte que c'était ELLE la cause des crises d'angoisse de Loulou ! Il faudrait que je la prenne un peu aux prochaines vacances d'ailleurs, vu que notre père ne reviendra pas encore cette année ... lui alors il quitte plus Barcelone !
-C'est bien qu'il ait
refait sa vie quand même .
-Oui mais bon ..
.et toi alors ? Tu me racontes plus rien ...
-C'est qu'il n'y a rien à raconter !
-Tu par
les ... Julie Sénéka est connue dans le monde entier , j'apprends par les magazines qu'elle part à Milan dans deux jours, elle va rencontrer le mec le plus sexy de la planète demain , mais elle n'a rien à raconter ...
-Oua
is mais bon, de ce qui t'intéresse j'ai rien à raconter !
-Nan mais je m'intéresse pas q
u'à ta vie amoureuse Julie !
-Je sais excuse
moi ... je suis un peu sur les nerfs là, j'ai quinze milliards de choses à faire, à penser, à retenir ... je regrette presque le temps où je galérais pour sortir de l'ombre tu vois !
-Ouais moi aussi je regrette nos années
de coloc' !
-Tu parles ... moi jsuis bien c
ontente de ne plus ranger ton bordel !
-Oh d
is , vilaine ! Tiens comment va Marion au fait ? Elle en est où de sa formation ?
-Elle v
a bien , elle est toujours avec Tristan, d'ailleurs il faut que je l'appelle pour cette histoire de Bill Kaulitz, elle qui était à fond sur son frère Tom !
-Ah oui exact ! Mon di
eu c'était ya tellement longtemps !
-Ce qui
me sidère c'est que malgré tout ce temps on se soit jamais quittées elle et moi !
-C'est
vrai , vous êtes toujours restées les meilleures amies du monde, depuis la maternelle !"

# Gepost op woensdag 06 juni 2007, 13u27

Chapitre 2

Chapitre 2
Elipse: 6 heures
J'ouvre un oeil et le referme . Le bras de Clara est
étalé sur moi . Je la pousse un peu et je me lève . Il est 5 heures du matin, je dois filer au boulot . J'ai à peine fermé l'oeil cette nuit, puisqu'on a papoté jusqu'à 3 heures du mat' , mais ça m'a fait un bien fou ! Heureusement que j'ai toujours ma grande soeur pour m'aider dans les coups de blues ! Bon , je me préparerai au bureau . J'ai mon prochain rendez-vous dans trois heures . Je sors à pas de loups de l'appart' de Clara après lui avoir laissé un petit mot sur la table de la cuisine . Hop, la barrière, mon scooter, et le froid de Paris au réveil . Au studio, je file dans la petite salle de bains aménagée à côté de mon bureau , justement pour les cas comme celui-là , et je fouille dans ma collec' pour en sortir une grande robe pull grise , que j'enfile par-dessus un legging noir . Je chausse une paire de compensées noires et je raidis vite fait mes cheveux . Ma frange est ok . Mon maquillage est ok . C'est mieux, vu que Bill Kaulitz arrive dans une demi-heure et que je dois préparer la salle photo pour une mini-séance d'essai .
Il est 07h30, Simone arrive . Celle-là,
je crois qu'elle ne connait pas le sens du mot retard !
"-Simone ? Bo
njour, est-ce que vous savez quand décolle mon avion demain ?
-Oui,
à 18 heures Madame .
-Merci beaucoup . Vous pouvez m'appeler Julie si
vous voulez !
-Oui Madame !"
Bon, inutile d'insister ... J'installe
rapidement deux ou trois spots . Ugo n'arrivera qu'à dix heures, ça me laissera le temps d'essayer quelques petites choses que j'ai en tête, avant de lui demander son avis . Une voix d'homme à l'accueil, ce doit être Lui . Je sors du studio et m'avance vers la créature que Simone a fait asseoir sur l'un des fauteuils .
Je lui tends la main
. {discussion en aglais, mais je la transcris en français}
"-Bonjour
! Je suis ...
-... magnifique !
-Non, enchantée ! Mais c'est gentil
!
-Non, je voulais dire, votre collection, je viens d'y jeter un oei
l en vous attendant, elle est magnifique !
-Oh ! Bien, nous pouvons p
asser dans mon bureau , ce sera plus pratique pour en discuter !
-Je
vous suis !"
Je repense à Clara ... si à l'époque on avait su qu'un
jour Bill Kaulitz serait dans mon bureau pour une séance photo ...
"
-Bien, d'abord il me semble que je dois vous expliquer un peu le concept de cette collection . Vous aurez remarqué, si vous suivez un peu la mode, ce dont je ne doute pas à vous regarder , que ces dernières années on a un peu dénigré la maigreur au profit de mannequins un peu plus "rembourrés" .Cet hiver je veux autre chose . Ma collection pour hommes, Skinny , est faite spécialement pour les hommes maigres à qui rien ne va .Et à en juger par votre pantalon, qui est un modèle féminin, je crois que vous êtes touché par le phénomène !
-Oui , je
suis obligé de m'habiller chez les femmes souvent ! C'est pour ça que j'admire tant votre travail, qui me donne enfin la possibilité de porter des vêtements masculins !
-C'est ce que je voulais dire . Est
-ce que vous voudriez passer au studio photo pour faire quelques essais ?
-Bien sûr !"
Je l'entraine jusqu'au studio, en me disant que je
suis idiote de ne pas l'avoir reconnu avant . Il n'a pas changé d'un poil ... enfin si, il est peut-être devenu plus beau encore ! Mais c'est un outil de travail, je ne dois pas le voir comme un être humain ! Je me suis fixé comme point d'honneur de ne jamais mélanger le travail et la vie sentimentale , et jusque là je m'y suis tenue . Ce n'est pas un demi-Dieu comme lui qui va changer ça hein ?
"-Julie ?
-
Hein ?
-Je vous demandais si je pouvais poser mes affaires dans ce c
oin !
-Oh ! Oui bien sûr pardon ! Je vais vous chercher les quelques
vêtements avec lesquels j'aimerais commencer , mettez-vous à l'aise !"
Je suis une idiote, je me suis laissée déconcentrer ... ça n'arriv
era plus . Je me souviens qu'il a déjà essayé le mannequinat quand il était plus jeune, alors en revenant avec mon portant , je lui dis :
"-On ne devrait pas avoir trop de problèmes avec l'appareil n'est-c
e pas ? Je me souviens de photos plutôt sympathiques , de vous vers vos 17 ans !
-Oh vous me connaissiez ? Je suis flatté !
-Mmm , pour t
out vous avouer, je ne m'en souvenais plus, jusqu'à ce que ma soeur me rappelle hier soir qu'à mes 15 ans, ma chambre entière était recouverte de posters de Tokio Hotel !
-Oui c'est à cause de ce break de
3 ans qu'on a fait quand l'un des membres a attrapé une maladie grave , beaucoup de fans ont décroché , mais on ne pouvait pas continuer avec Gustav dans cet état !
-Oh ... est-ce qu'il va mieux ?
-Oui, il
récupère doucement . On a pu reprendre les concerts il y a trois ans . Mais on n'a plus le même public qu'à l'époque, et puis on a vieilli alors l'effet n'est plus le même que quand on passait pour des jeunes prodiges !
-Il me semble qu'il y avait ton frère aussi dans le g
roupe ?-tu m'excuses je me permets de te tutoyer, d'ailleurs tu peux faire pareil-
-Tom, oui !
-Ha ma meilleure amie était folle amoureu
se de lui !
-Comme beaucoup de filles ...
-Enfin bon, on devrait peu
t-être se mettre au travail, je ne veux pas non plus t'accaparer toute la journée !
-Ok, qu'est-ce que je dois faire ?
-Tiens , enfile ç
a , tu as le paravent là-bas pour te changer . Ensuite j'essaierai juste quelques plans rapprochés , et pour les photos plus artistiques on attendra d'avoir signé un contrat ! "
Il s'éloigne, une pile de vê
tements dans les bras . Je crois que je suis en train de retrouver mes instincts primitifs d'adolescente ! Je dois absolument calmer les battements de mon coeur et le voir comme un outil de travail . Un simple outil de travail .
Oh Mon Dieu ... il réapparait , et j'ai com
me une décharge électrique qui me traverse ... c'est comme si les vêtements que j'ai créés et dessinés avaient été faits pour lui ... il porte une chemise noire cintrée et un jean brut très serré . Je lui envoie une paire de santiags en peau de serpent qu'il chausse avant de me rejoindre .
"-Ca va ?
-Ouais super c'est parfait ! Ca te va supe
r bien , tu t'es vu dans la glace ?
-Non mais je veux dire ...ça res
semble à ce que tu attendais ?
-Oui t'es parfait ! Enfin, c'est parfa
it !"
Il a un sourire en coin , et je sens mon coeur s'affoler . Cal
me-toi Julie . Ce n'est qu'un outil de travail ! Pour me donner une contenance, j'attrape mon appareil photo et lui donne les directives .
"-Tiens , prends une pose de séducteur ! Hey mais c'est parfait ça
! Ouais ça c'est bien vas-y continue ! Voilà c'est ça ! Erf, je vois que le pointage de doigt est toujours dans tes habitudes !"
Il roug
it avant de rire discrètement . C'est trop tard, j'ai brisé la magie de l'instant, il n'est plus aussi naturel qu'avant . C'est pas grave, j'ai tout ce qu'il me faut ! Ugo débarque dans la pièce et s'écrie en me voyant :
"-Jullllliiiiie faut que j'te raconte ! Tu n'imaginer
as pas qui j'ai vu ce matin sur la huitième avenue ! Tu te souviens de ce groupe de ..."
Il marque un temps d'arrêt en voyant Bill . Ses
yeux s'agrandissent et je m'exclame :
"-Je suis prête à parier que tu
as vu le chanteur de ce groupe de rock que tu aimais quand tu étais plus jeune !
-Attends Julie, est-ce que je vois ce que je crois voir
, là ?
-Bill, je te présente Ugo, mon assistant photographe et acces
soirement journal intime ! Ugo, je te présente le nouveau visage de notre collection automne-hiver !
-Ah non mais là je suis estomaqué Ju
lie ..."
Bill a un sourire gêné alors qu'Ugo l'inspecte sous toutes l
es coutures . Il tend la main pour le saluer , mais Ugo l'attrape par les épaules et lui plante un gros baiser sur chaque joue ... il va sans doute lui falloir du temps pour s'habituer aux manies du photographe, mais il sera de toute façon indispensable !
Je laisse Bill re
tourner se changer , et j'empêche Ugo d'aller fourrer son nez derrière le paravent en lui montrant la série de photos que je viens de faire . Il est très enthousiaste , et quand Bill revient, je l'emmène à mon bureau pour discuter de son futur contrat chez nous .
"-Il faut
excuser Ugo , il aime bien exagérer son homosexualité .
-Ca ne me dé
range pas . Tant qu'il sait que je ne m'intéresse pas aux hommes !
-
Je le lui dirai pas de souci ! Alors, dis-moi, niveau salaire, qu'est-ce qui t'intéresserait ?
-Je ne sais pas, je n'ai aucune base sur l
aquelle me fixer ... je pars un peu à l'aveuglette , en fait c'est surtout pour le fun que je le fais !
-En fait, ton visage me ferait un
énorme coup de pub, et ton corps colle parfaitement à ma collection , alors je suis prête à y mettre le prix ! Tu annonces, et je suis !
-Porter tes vêtements me fera un énorme coup de pub aussi ! Je ne sa
is pas , peut-être que 5% ça peut être honnête !
-5% ? Ah en effet t
u ne te fixes sur aucune base ! Vu que tu risques d'avoir l'exclusivité de la collection, j'étais prête à monter jusqu'à 15% , mais si tu ne veux pas plus ...
-Oh et ben disons 10 alors !
-Va pour 10 ! Par
contre, j'aurais aimé présenter la collection d'ici fin octobre, donc il va nous falloir accélérer les photo-shootings . Seulement je dois les faire sur de la neige, alors soit on décide de partir en Suède, soit on fait ça en studio, avec de la neige artificielle , je ne sais pas encore . Tu serais prêt à partir comme ça ?
-Oh , oui, bien sû
r , pourquoi pas !
-Parfait ! Je pars à Milan demain, mais on peut s
e voir la semaine prochaine si tu veux , on fera la séance comme ça .
-Ok pas de problème . On fixe un jour partculier aujourd'hui ou on
attend un peu ?"
Mon ventre commence à crier famine ... et mes yeux f
atiguent à force d'éviter de le regarder . Je propose :
"-Et si on e
n discutait autour d'une table ?
-Tout de suite ?
-Oui , à moins que
tu aies autre chose de prévu ce midi ...
-En vérité , j'avais prévu
de rejoindre mon frère à notre hotel ... mais ce soir je ne fais rien , alors si tu veux on peut discuter de ça en dinant ."
Je rêve ...
le mec de mes fantasmes d'adolescente vient de m'inviter à diner ... Je vais diner avec mon outil de travail ... Je dois à tout prix refuser !
"-C'est d'accord !
-Je passe te prendre ici vers 20 h00 ?
-Pa
rfait ! A ce soir alors !"
Je lui tends la main . J'attends qu'il la
serre , mais il y dépose un baiser , avant de s'éloigner . Au moment de passer la porte, il se retourne et dit :
"-Je suis vraiment flatt
é de cette rencontre Julie Sénéka . Vous êtes une vraie artiste ."
U
n outil de travail, ça ? Il faut absolument que j'appelle Clara !

"-
Alors alors alors raconte !
-Oh la la ...
-Il est toujours aussi bea
u ?
-Oh la la ...
-Est-ce qu'il a une belle voix ?
-Oh la la ...
-Ju
lie ?
-Mon dieu c'était ...je vais pas pouvoir décrire ...
-Tant que
ça ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Je ... je dine avec lui ce soir
...
-Woaaaah ! Ma Julie mais c'est géniaaaaal !
-Pas vraiment, c'est
sensé être un outil de travail ...
-Oh arrête avec tes outils de tra
vail ! C'est ton rêve d'ado qui se réalise Julie ! Imagine !
-Ouais m
ais ... comment jvais m'habiller ? Et me coiffer ? et ... oh mon dieu mon dieu mon dieu ...
-Calme toi ! Tu veux que je passe te voir ave
c les jumelles ?
-Ouais ! Tu m'aideras à choisir comme ça ! Attends,
passe plutôt à l'appart' ! Faut que je range et que je prenne une douche aussi !
-Ouais, vaut mieux que ce soit rangé si le diner se pro
longe ...
-Pff n'importe quoi ! Bon à tout de suite petite Maman !"
J
e préviens Simone et je file jusque chez moi . Ce qui est bien quand on n'a pas de chat , c'est qu'on ne doit pas le nourrir , et donc on peut passer presque une semaine à son bureau sans retourner chez soi ! Quand j'ouvre la porte de l'appartement, j'ai l'impression d'arriver sur un champ de bataille ... il y a des esquisses partout , et des chutes de tissu jonchent le sol ... j'ouvre grand les volets et les fenêtres et je m'attaque au rangement . Clara arrive et se met à la cuisine après avoir posé les jumelles dans le parc qu'elle a laissé chez moi . En une heure, tout est clinquant , et j'ai enfin trouvé quoi porter pour ce diner .
"-Tiens , tu veux m'attraper Cheyenne ?

-C'est celle avec une ou deux couettes ?
-Julie, tu crains , tu sai
s même pas reconnaitre tes nièces !
-Bon ça va jte chambrais ! Allez
viens ma Poupée d'Amour !'
J'attrape l'une de mes nièces et la tends
à ma soeur . Elle me regarde l'air désespéré .
"-Quoi ?
-C'est Ambr
e !
-Ouuups ! Mais aussi, qu'est-ce qui t'a pris de faire deux bébés
identiques ?
-Elles sont pas identiques ! Regarde , passe-moi Ambre,
tu vois, elle a un grain de beauté sur la joue droite ! Et maintenant attrape Cheyenne ... tiens regarde, elle elle l'a sous la lèvre !
-Ah ouais ... Je le saurai maintenant !
-Tiens au fait, aux vacances
de Toussaint je fais venir Marie et Louisa chez moi . Si tu peux être là pour voir Marie ça peut être cool !
-J'essaierai oui !
-Bon alo
rs dis-moi ... comment il est ?
-Rho la la ... il est merveilleusemen
t sexy ... j'arrive pas à me controler !
-Il avait l'air plutôt inté
ressé par toi ou bien ?
-Non ... je crois qu'il aime beaucoup mon tra
vail, simplement .
-Oui, c'est d'ailleurs pour ça qu'il t'a invitée
à diner !
-Nan mais c'est pas un diner formel, juste un entretien d'e
mbauche un peu plus organisé !
-Oui, c'est d'ailleurs pour ça que tu
as choisi tes plus belles fringues pour y aller ...
-Rho mais t'es
bien chiante !
-Hey c'est mon role de grande soeur j'te signale !"
On
engloutit la salade aux blancs de poulet et aux graines de sésame qu'elle a préparée, et puis je retourne au bureau, après des montagnes de bisous à mes nièces .
"-Simone , est-ce que j'ai des rendez-vou
s importants cet après-midi ?
-Juste ce diner ce soir !
-Parfait ! Me
rci !"
Décidément, je n'arrive pas à me faire à cette fille ... elle
est trop coincée et rigide . En même temps, c'est un peu son travail qui veut ça ... enfin bon ! Qu'est-ce que j'ai à faire moi ? Ah oui, Ugo voulait me voir pour parler des photos de ce matin .
"-Ugo ?
-
Oui ma colombe ?
-T'as fini tes arrangements ?
-Oui ça y est . Dis d
onc ma Julie, tu sais que tu es une magicienne ?
-Hein ?
-Non seuleme
nt tu dégottes LE mec parfait pour ta collec', mais en plus tu fais avec lui un photoshooting PAR-FAIT ! Attends regarde moi ça ! Est-ce qu'il est pas MEGA sex ?
-Si j'avoue ! Mais ça , c'est son boulot à
lui, moi j'ai juste capturé l'image !
-Tu parles ! Si ça avait été m
oi derrière l'objectif, je peux t'assurer que cette mimique là ne serait pas apparue ! Julie , fais attention, ce mec te kiffe !
-Pff n'i
mporte quoi !
-Crois-moi ma Beauté, il veut te croquer ! Tu dines ave
c lui ce soir ?
-C'est ce qui est prévu ...
-Moi je te mets juste en
garde . Après, tu ne serais pas le premier grand créateur qui couche avec son mannequin fétiche !
-Non mais j't'en prie ! "
Je lui jette
une pile de vêtements à la tête et il s'exclame :
"-Ah nooon ! Julii
iie ! Je vais devoir tout ramasser maintenant !
-Tant mieux, tu dira
s moins de bêtises pendant ce temps !"
Je lui envoie un baiser de la
main et retourne à mon bureau avec les tirages papier de la séance de ce matin . J'aimerais faire comme d'habitude : y jeter un oeil distrait . Mais le regard de Bill capture le mien et j'épluche chaque photo sous toutes ses coutures ... je vais devoir être très prudente ce soir !
Je passe l'après-midi à classer des papiers et à programmer
mon séjour à Milan . Entre les défilés et les interviews, je vais avoir besoin de toute mon énergie ! Je réponds au téléphone et accepte plusieurs interviews sur Paris, pour mon retour la semaine prochaine , et il est déjà 18h00 . Ugo entre et s'asseoit à mon bureau :
"-Dis
ma Colombe, tu me promets de faire attention à toi ?
-Mais enfin Ug
o qu'est-ce qui te prend ?
-Ben tu sais, t'as l'air anxieuse pour ce
diner, et puis il y a quelque chose entre lui et toi, c'est évident . Alors je me dis qu'en temps que Journal Intime, je dois te prévenir !
-Tu parles ! T'as peur que j'te le pique oui !
-N'importe quoi !
D'abord j'ai déjà lu quinze fois qu'il n'était pas branché mecs !
-O
h c'est trop mignon cette petite moue triste sur ton visage !
-Elle s
e moque de moi la vilaine !
-MOUAH ? Noooooon ! Jamais d'la vie tu l
e sais !
-Bon j'te laisse ! Dis tu sais que tu devrais te préparer ?
Ton étalon ne va pas tarder et ... t'as pas une super mine je trouve !"
Je lui balance un crayon gris à la figure et il s'enfuit de mon b
ureau .
C'est pas tout ça, mais il a raison, je ferais bien de me pr
éparer ! Je retourne à la salle de bains et prends une longue douche chaude destinée à me détendre ... mouais on va dire ça !
Je saute da
ns mes vêtements , j'enfile mes compensées et hop, c'est la classe !
Je me regarde dans le miroir en pied : j'ai encore maigri, Clara a raison ... c'est le stress tout ça !
Quelle heure est-il avec tout ça
? 19h30 . Ok j'ai encore le temps pour le brossage de dents et le maquillage !
Merde, mon portable qui vibre !
"-Allo ?
-Julie ? Bonso
ir c'est Simone excusez-moi de vous déranger !
-Ce n'est rien , qu'y
a t'il ?
-Votre rendez-vous de ce soir a appelé, il sera là plus tôt
que prévu !
-Bien , merci !"
Au moment où je raccroche, on toque à l
a porte du bureau .
#@!?! de mascara !
J'ouvre sur un Bill parfaite
ment parfait et je me sens cruche ... ça y est ... Outil de travail, pense outil de travail !
"-Je suis désolé, j'ai pensé qu'il n'y aura
it pas de problème ... j'ai réservé une table pour 20h00 alors ...
-A
ucun souci ça va aller ! Donne-moi une petite seconde ! Tiens, regarde les photos de ce matin pendant ce temps !"
Vite ! je répare les dé
gats de mon mascara et je resors, pimpante . Mon sac ? Bon tant pis, ce sera une pochette ce soir ! Bill me regarde m'affairer , amusé .

# Gepost op woensdag 06 juni 2007, 13u29

Chapitre 3

Chapitre 3
Elipse : 20h15 . Au restaurant .


J'en revie
ns toujours pas ... je suis au restaurant avec mon fantasme ... euh ! Mon outil de travail ! Je crois qu'il me parle mais je n'arrive pas à me reconnecter au monde réel ... Waoh, il a beau avoir vieilli, ça reste quand même Bill Kaulitz ! Cette bouche et ce sourire ... et ces yeux ... oh Julie reprends-toi ! Essaie au moins de l'écouter !
"-...tu en pen
ses ?
-Hein ?
-Ha je parle dans le vide ? XD

-Désolée j'étais complètement ailleurs !"

G
enre contre ton torse ...

"-Je te demandais
si tu avais une opinion au sujet de la nouvelle collection Diesel !
-Ah ! Ouais, je trou
ve qu'ils sont plus aussi originaux qu'avant . C'est un peu du déjà-vu non ?
-C'est un pe
u c'que je disais pendant que tu souriais aux anges !"

Tu parles d'un ange ...

"-Désolé
e !"

Vite un serveur, je dois penser à autr
e chose qu'à mordiller sa lèvre inférieure . Tiens? Intéressante cette serviette, et si je la fixais ?

"-Vous avez choisi ?
-Oui !
-
Monsieur ?
-Allez-y, prenez la commande de m
adame !
-Je prendrai un dos de daurade à la P
lancha !
-et monsieur ?
-Faites-en une pour
deux !
-Bien vous prendrez du vin ?
-Oui un c
hateau Simone blanc en 75 cl s'il vous plait .
-C'est un bon choix monsieur néanmoins je
me permets de vous conseiller le Condrieu en blanc, qui se marie à merveille avec la chair de la daurade .
-Mettez-nous les deux dans
ce cas !
-Bien monsieur !
-Et une Evian éga
lement !
-Mais naturellement Madame !"

Il s
'éloigne . Je dois arrêter de fixer Bill . Qu'est-ce qui m'arrive ? Je dois cesser à tout pris . Deux bouteilles ? Il est fou ! On ne les boira pas ! Mais un petit Condrieu quand même ... Je suis encore perdue dans la contemplation de la serviette , je dois me reprendre ! Je dois ...

"-C'est drole !
-Hein ?
-
Je dis c'est drole . Quand tu es dans ton empire tu parais confiante, très sure de toi, presque arrogante . Dès qu'on t'en sort, tu perds tous tes moyens , tu redeviens une femme normale , et tu n'aimes pas ça .
-Je suis d
ésolée ...
-Julie, arrête de t'excuser à tou
t bout de champ ! Au contraire, c'est très rafraichissant !
-Il faut me comprendre aussi
, j'ai passé toute mon adolescence à rêver d'un moment comme celui-là !
-Attends, pour mo
i c'est étrange aussi, je te voue un vrai culte depuis ton premier défilé ! Ca fait deux mois que j'attends la commercialisation de Skinny, et là je me rends à peine compte que je suis devenu LE mannequin de ta collection ! Ya de quoi être intimidé quand même !
-D'a
illeurs tiens , qu'est-ce que tu préfèrerais ? Photoshoot en studio, ou sur place en Suède ? {yeah j'ai réussi à changer de sujet !}
-
Ben c'est toi la chef , j'ai pas mon mot à dire normalement !
-Non mais en vérité, je n'
ai pas envie d'aller en Suède alors si personne ne semble en avoir TROP envie , on restera en studio !
-Ca me va !
-C'est parfait ! T
u serais libre quand ?
-Pour cette semaine ,
c'est mort .
-De toute façon je pars à Milan
demain après-midi .
-D'accord . Tu sais quoi
? Donne-moi une date et je m'arrange !"
C '
est le moment que choisit le serveur pour amener la daurade et le vin . On se tait, et on déguste !



Elipse . Le repas est terminé
. Il a proposé de la ramener . Ils sont dans le taxi .


"-Donc, quand tu as une date tu
me préviens ?
-Oui bien sûr !
-Je suis heure
ux d'avoir passé cette soirée avec toi .
-Moi
aussi .
-Si notre relation n'était pas pure
ment professionnelle, il en serait autrement .
-..."

Bill, c'est quoi ce sourire de perv
ers ? Ca y est je n'arrive plus à penser ... J'ai son odeur qui m'enivre et je me demande si je n'ai pas rêvé cette dernière phrase . Hé mais ? Hé mais c'est ma rue ! C'est mon immeuble ! Le taxi s'arrête, j'ouvre la porte ... et je m'arrête . Au ralenti, je me retourne et croise son regard . Ok . Je dois partir . Je dois dire au revoir et partir .

"-T
u veux monter une minute ?
-Une minute ? Je
demande au taxi de m'attendre alors ?"

Ce so
urire en coin me tord le ventre ...

"-Tu po
urras toujours en rappeler un s'il s'en va ...
-D'accord ."

Pourquoi ce regard narquois
? Pourquoi cette impression qu'il lit en moi comme si j'étais transparente ? Pourquoi je n'arrive pas à lui résister ? On sort du taxi . Je fouille ma pochette à la recherche de mes clés . Mon portable tombe . Mes clés avec . Il rit . Bill non, pas ce rire je t'en prie ...
Je me baisse pour ramasser tout ça, m
ais au même moment que lui, et nos crânes se fracassent l'un contre l'autre ! Je me frotte la tête en rougissant, et il rit . Bientôt, je le suis , et c'est avec beaucoup de mal que je trouve la serrure et que j'ouvre la porte d'entrée de l'immeuble . Escaliers ou ascenseur ? Escaliers . Il me suit . On ne dit pas un mot . Troisième, quatrième, cinquième étage . Je m'acharne sur la porte . Il est là, tout près, dans mon dos .
Dans un grince
ment la porte s'ouvre, et j'allume la lumière .
"-Entre ."
Evidemment ! Je ne vais pas l
e laisser sur le palier !
"-Tu veux boire que
lque chose ? J'ai de la bière ou de la Dark Dog .
-Je veux bien une Dark Dog .
-Tiens ins
talle toi j'arrive ."
Je le fais tourner à g
auche vers le salon, et je me réfugie à la cuisine . Je m'accoude au comptoir et je prends mon visage entre mes mains . Qu'est-ce que j'ai fait ? C'est un outil de travail . Je dois me resaisir . Je dois me ...
"-Tu t'en s
ors ?"
Je ne l'ai pas entendu arriver ... Je
bafouille un oui ridicule et j'ouvre le frigo . J'en sors deux canettes jaunes , et je lui en tends une . Il s'est adossé contre le mur et il regarde ses pieds . Qu'est-ce que j'ai fait ?

"-En tout cas, c'est joli chez t
oi !
-Merci ."

On dirait deux adolescents qu
i se tournent autour . Ou deux lions dans une cage . Ou deux schtroumpfs au pays des schtroumpfs . Hmmpf tais-toi Julie ! C'est un outil de travail .

"-Hein ?"
#@?! j'ai parlé à
voix haute !
"-Rien je me parle à moi-même !

-Je suis un outil de travail ?
-C'est ce qu
e j'aessaie de me rentrer dans le crane ..."

Ma tête tourne . Les deux bouteilles de vin
blanc ? Le choc de tout à l'heure ? Sa présence ici, chez moi ? Je ne sais pas . Je me raccroche au comptoir pour ne pas chanceler .

"-Ca ne va pas ?
-Si très bien . Retourne
au salon, je vais à la salle de bains une minute, je te rejoins . Tu peux mettre la musique, ou la télé si tu t'ennuies !"
Je m'échap
pe . Oui c'est le mot exact . Je referme la porte de ma salle de bains et m'y adosse .
Mo
n coeur bat la chamade . Je me passe un linge mouillé sur le cou et les épaules, et puis je m'appuie au lavabo, questionnant mon reflet dans le miroir .
Je fais quoi, là ? En fil
le qui se respecte, je passe en revue l'état de mon corps . Je suis épilée, propre et nette, et normalement pas en période ragnagna ... Mais pourquoi je réfléchis à ça ? C'est un outil de travail !
Ok . Je déverrouille la
porte et le rejoins au salon . Il s'est assis sur l'un de mes fauteuils club et me tourne le dos . Il a mis la musique : c'est le dernier album de Jamiroquai , très bon choix .
Je m'installe sur le canapé , à sa droite .

"-Tu es sure que tout va bien ? Tu veux que je parte ?
-Non, tout va bien je t'assure !
-Tu sais, tu n'es pas obligée de faire ça, je peux partir si tu veux !
-Faire quoi ?
-Te
forcer à me faire monter parce que tu crois que c'est ce que je veux .
-Ce n'est pas ce q
ue tu veux ?
-Pas si ce n'est pas ce que tu
veux ."

Non Bill, pas ces yeux-là je t'en pr
ie ! Pas ce regard inquiet qui me sonde ! Je bois une grogée de dark Dog et je frissonne . Il faut que je me décide à faire isoler cette baie vitrée !

"-Tu as de la chance, d'a
voir trouvé cette merveille dans Paris ! Ce n'est pas tout le monde qui a une terrasse avec vue sur la tour Eiffel !
-C'est vrai . C'
est grace à ma soeur . Son ex était agent immobilier .
-Tu as une soeur ?
-J'en ai même d
eux , une grande et une petite .
-Tu t'enten
ds bien avec elles ?
-Très ! Ma grande soeur
Clara est toujours là pour me conseiller , et Marie, la plus petite, est une vraie boute-en-train ! Ya pas mieux pour remonter le moral !"

Alors que je dis ça, je me rends comp
te que Marie me manque . Mes parents aussi en fait ... il faut vraiment que je les appelle !

"-Et ces deux bout'chous, c'est qui ?
-S
ur la photo au-dessus de la cheminée ? Cheyenne et Ambre, les deux filles de Clara ! Des amours de bébés !
-Des jumelles ? Ta soeur a
de la chance !
-Crois-moi, elle est plus fa
tiguée que chanceuse !
-Non, je veux dire, e
lle n'a pas de souci à se faire pour ses filles, elles ne seront jamais seules ! Avoir un jumeau est quelque chose de merveilleux !"

Je suis attendrie . J'imagine leur relation, à lui et Tom, et je la compare à celle que j'ai avec les filles . je ne sais pas si c'est comparable, mais je sais qu'avec Clara et Marie, on ressent quelque chose de similaire . Mon portable vibre, dans ma pochette . Je me précipite pour l'attraper : c'est Marion !

"-Excuse-moi, je dois vraiment répondre !
-pas de problème !"

Je m'éloigne et fais gl
isser le slide de mon Chocolate (XD)
"-Allo
?
-Julie ?
-Oui ma Curl ! Tu m'excuses, je ne
peux pas vraiment parler trop longtemps !
-
En rendez-vous coquin ?
-Naaan ! En rendez-vo
us quasi-professionnel !
-OhHo !
-Te moque p
as ! J'te raconte tout demain !
-Dac ! je t'
aime , bonne soirée !
-Pareil !"

Je retourne
au salon. Bill s'est assis sur le canapé . Je ne vais pas faire la sauvage, je m'installe à côté de lui . La voix de Jamiroquai , avec son timbre si spécial, me fait fermer les yeux . En fait, je suis bien . Je n'ai qu'à me détendre . J'ai la tête appuyée au dossier, une jambe repliée sous moi . Je ne veux pas qu'il commence à s'ennuyer , alors j'essaie de réengager la conversation :
"-Tu ferais
quoi si la musique devait s'arrêter pour toi ?
-Oh la ! Plus rien ça c'est sur ! On a vé
cu un enfer pendant la maladie de Gustav ! La scène nous manquait à tous énormément !
-Je
comprends ça ! Je ne pourrais pas reprendre ma "vie d'avant" !
-Elle est bizarre notre
situation hein ?"
Je le regarde . Pourquoi ce
tte phrase? Pourquoi maintenant ?

"-Je veux
dire, tu n'as pas envie que je sois plus qu'un outil de travail, je n'ai pas envie d'être plus que ton outil de travail, et pourtant on est là, chez toi, à ne pas savoir quoi dire pour combler les manques ..."
Je souris .
C'est exactement ça .
"-C'est vrai qu'elle e
st bizarre . Mais pas désagréable ... si ?
-
Du tout . Je ne voudrais pas être ailleurs !"
Et puis je baisse les yeux vers ma main : i
l a posé la sienne dessus . Je me sens comme l' adolescente de base : incapable de faire un geste ou de prononcer un mot ...

"-Si ça
te gène, on peut aussi parler boulot !"
Qu'
est-ce que je peux faire ? Je le regarde dans les yeux et je caresse la main qu'il m'a offerte , du bout des doigts . Je l'effleure à peine, et pourtant ce geste marque déjà le début du non-retour ...
Je me déteste, d'être
coincée comme ça . N'importe quelle autre femme aurait déjà foncé ! Mais je ne suis pas n'importe quelle autre femme . Je n'y arrive pas .

"-C'est bien que tu résistes . Tu y m
ets beaucoup d'ardeur . Et je sais pourquoi, puisque c'est la même chose qui me retient . Mais demain on pourra toujours accuser l'alcool si tu veux ..."
Pourquoi tu me dis ça B
ill ? Pourquoi tu me dis ce que je veux entendre ?

"-L'alcool ? ... D'accord ..."
Alors
que je dis ces mots, ma main remonte le long de son bras et je me penche vers lui . Je ne suis plus qu'à quelques centimètres de son visage quand mon portable vibre à nouveau .

# Gepost op woensdag 06 juni 2007, 13u31

Chapitre 4

Chapitre 4
Je voudrais l'ignorer, mais la magie de l'instant est rompue ... tant pis, je décroche, mais ça a intérêt à être important !

"-Allo ?
-
Julie ?"

Ouh la ... c
'est quoi ces larmes dans la voix d'Ugo ?

"-
Ugo ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
-C'est ... c'e
st Martin ! Il est ... mort !"

Oh mon dieu .
.. je rassure Ugo, je lui dis que je vais arriver .
#@?! , comment
je fais pour Bill ?

"
-Je suis désolée ! {enfile-toi putain de manche de manteau !} tu vas devoir partir !{Et mon portable il est où ?} Ugo a eu un problème , je dois {Grmbblmllblr putain de pochette !} le rejoindre à l'hopital ...
-A l'hopital ? J
e t'accompagne !
-Non,
c'est bon , rentre à ton hotel, je te recontacte dans la semaine !"

Pourquoi ai-je besoi
n d'être aussi froide ? Ce n'est pas de sa faute ! Calme-toi Julie ...

"-Non, je t'accomp
agne .
-Bon . Dépêche-t
oi alors, j'appelle un taxi !"

La voiture ja
une arrive . On y monte en silence . En chemin je lui raconte , pour Martin . C'est mon cousin . Il m'a toujours aidée dans mes choix et dans mon travail, il a toujours été là , quand je me suis faite jeter de chez Maxence, quand je m'étais pris la tête avec mes parents, c'est sur son épaule que je suis allée pleurer .Martin est aussi l'ex d'Ugo . Il a quitté mon assistant il y a deux ans, quand il a appris pour son cancer . Mais Ugo ne s'en est jamais vraiment remis . Ils continuaient de se voir de temps en temps . Je savais que Martin s'était affaibli ce dernier mois, mais à ce point ... je n'arrive plus à contenir mes larmes , c'est trop dur . Bill entoure ma taille de ses bras et appuie ma tête sur son épaule en me caressant les cheveux . Je m'accroche à lui comme à une bouée de sauvetage . Je suis perdue , je n'arrive plus à avoir une seule pensée cohérente , je ne songe plus qu'à Martin ...Martin, est-ce que je vais devoir parler de toi au passé ?

On arrive à l'hopital
. Je suis trop sonnée pour répondre aux gémissements d'Ugo . Je crois que je vais m'évanouir ...






J'ouvre un
oeil . L'autre . les deux . Où suis-je ? Il me faut quelques secondes pour me resituer, et puis tout me revient en mémoire . Martin . Le sol dur et froid de l'hopital . Bill .
Je
gémis . Aussitôt, un visage inquiet se penche sur moi . Des cheveux noirs me chatouillent les narines .
"-Non .
.. Non ... NON ! Noooon ..."
Je ne sais pas c
e que je dis, mais je fonds en larmes . Une main caresse mon visage et mes cheveux . Je la repousse . Je voudrais ... je voudrais être seule avec Martin . Au moins une dernière fois !
J'ai du le dire à v
oix haute, parce que des infirmières m'aident à me lever et m'accompagnent à travers des couloirs vides .
Une por
te s'ouvre et se referme sur moi . J'ouvre les yeux . Il est là , mais il n'est plus là .
Ce n'est qu'un masque livide qui ressemble à mon cousin . Je m'approche du lit . On a retiré ses tubes et ses machines . Il est là, paisible . Il est beau .
"-Martin . Peut-être que là où tu es tu m'entends encore ... en tout cas ... moi je te vois et... et je me dis que j'aurais du faire quelque chose ... Si tu savais comme je me sens coupable ..."
Les larme
s ruissèlent sur mes joues , et je prends en tremblant la main froide et bleutée . Je la serre, comme pour la réchauffer . Mais la chaleur a quitté son corps , il n'est plus là . Je me décide à partir . Derrière la porte , le visage anxieux de Bill .

"-Merci d'être re
sté ..."
Il entoure mes
épaules d'un de ses bras , et dit qu'il va me raccompagner chez moi . Où est Ugo ? Il est parti . D'accord . Je veux juste rentrer chez moi ...







J'ouvr
e les yeux . Il fait frais . Un linge mouillé sur mon front . Il fait noir . Mais je suis dans mon lit . A mon chevet , je distingue les contours d'une masse de cheveux effilés . Bill ?

"-Quelle heure
est-il ?
-03h00 ...
-Tu
es resté là tout ce temps ?
-Je ne pouvais p
as te laisser seule !
-Tu aurais du ... je suis désolée ...
-C'est m
oi qui le suis . Est-ce que tu as besoin de quelque chose ?
-De l'e
au . Et mon portable s'il te plait ."

Il se
lève et s'éloigne . Quelques minutes plus tard le revoila . Je n'ai pas le courage d'appeler ni Clara ni Marie . Je le ferai demain . Je me remets à sangloter , la tête entre mes genoux . Bill s'asseoit au bord de mon lit et m'entoure de ses bras .
"-Pleure , c'est bon
de pleurer . Ne t'inquiète pas, je suis là, tu peux te laisser aller . Tu n'es pas seule Julie d'accord ? Pleure ..."
Ses paroles m'apai
sent et je crois que je finis par m'endormir .
Quand je me réveille
, il est toujours là, allongé à mes côtés, voire plutôt sous moi, vu que j'ai ma tête sur son torse, et mes jambes emmelées aux siennes . Je me dégage et vais à la cuisine . Je repense à cette nuit . C'était terrible ... il faudra que j'appelle mes soeurs .

Je viens
de m'asseoir au comptoir quand Bill me rejoint, l'air ensommeillé .
"-Je ne vais pas te déranger plus longtemps ...
-Tu as des choses à
faire ?
-Pas tout de s
uite mais ...
-Alors re
ste s'il te plait ..."

J'ai dit ça en me lev
ant, et voila que je le prends dans mes bras , et que je pose ma tête contre lui ... il m'étreint et acquiesce . Je passe la matinée simplement dans ses bras . Je dors un peu , j'essaie de ne penser à rien . Et puis il doit partir . Il le fait à contrecoeur , et dès qu'il est dans son taxi, je reçois un sms de lui :

"-Je partage ta dou
leur . Mais même si tu es belle quand tu pleures , je t'en prie, ne me brise plus le coeur comme ça ! Tendrement, Bill ."

Je souris .
La vie doit continuer . Show Must Go On , disait Freddy .
Marie doi
t monter sur Paris pour l'enterrement . J'ai demandé à Bill de m'y accompagner . Evidemment, plus question de partir pour Milan . Je repousse mon voyage d'un mois . Ils seront mécontents, mais tant pis . La vie , MA vie, doit continuer, d'accord mais pas tout de suite .

# Gepost op woensdag 06 juni 2007, 13u31

Chapitre 5

Ellipse : le lendemain .

Clara e
t Marie sont arrivées chez moi vers midi . Elles étaient endeuillées, mais pas effondrées comme je l'étais . C'est normal, elles n'étaient pas aussi proches de Martin que moi .
"-Tu tiens le choc
?
-Ca va aller ..."
Je sais qu'el
les se font du souci pour moi, et je ne veux pas les alarmer .
"-
Bill va venir .
-Hein ? Bill qui
?"
C'est vrai, Marie n'est pas a
u courant . Je lui explique l'histoire .
"-Pourquoi tu le fais ve
nir ?
-Parce qu'il était là quand
c'est arrivé .
-Et alors ?
-Je n
e sais pas, j'ai envie qu'il soit là ."
Je regarde Marie : elle a
l'air totalement incrédule . Clara lui assure que c'est vrai . J'ai l'impression d'être absente . Ailleurs .
On sonne en bas . C'e
st Clara qui va ouvrir . Elle revient avec Bill . Il salue Marie qui devient rouge pivoine . Il s'asseoit à côté de moi sur le canapé et prend ma main . Moi j'ai le regard dans le vague . Je suis deconnectée . Je les entends parler comme s'ils étaient très loin :
"-Elle a mangé un peu ?
-Oui,
on y a veillé .
-Comment elle va
?
-Pas bien . Mais il faut qu'el
le s'y fasse .
-Tu es dure avec
elle !
-Non . Je la connais bien
. Elle va avoir un passage à vide, et puis elle retrouvera son énergie, ne t'inquiète pas . Et puis on commençait à s'y attendre, il était malade .
-Oui elle m'a r
aconté .
-Merci d'avoir pris soin
d'elle hier .
-Oh ... de rien .
..je vais lui chercher un verre d'eau ."
Je sais qu'ils parlent de
moi mais je suis ailleurs . Clara m'aide à me relever et me traine à la salle de bains . J'ai une pensée pour Marie, restée seule avec Bill .
Ma soeur me maquille
et coiffe mes cheveux .
On doit
y aller . Clara monte à l'avant du taxi . Bill et Marie tiennent mes deux mains entre les leurs .
"-Ne vous inquiétez pas, je vais
bien .
-Si tu as besoin de te la
isser aller, on est là .
-Merci
."


Ellipse : la cérémonie est t
erminée . Julie est devant une tombe toute fraiche .

Martin, tu
es là sous la terre . Je me sens mieux, moins étouffée qu'en arrivant . Tu étais beau dans ton costume sombre . Je n'ai pas pleuré . Maintenant je suis seule avec toi . J'ai vu ton cercueil, il a l'air confortable . je te souhaite d'être mieux là où tu es . Je suppose que tu as moins mal qu'avec tous ces tubes dans ton corps ... Au revoir, Martin .
Je m'élo
igne . Bill m'attend, appuyé contre la grille du cimetière . Clara a ramené Marie à mon appartement . Elles vont passer la nuit avec moi .
Il est là et il entoure m
es épaules de son bras .
"-Ca va
, ne t'en fais pas .
-Je te ramèn
e ?
-D'accord .
-Si tu veux te c
hanger les idées, tu peux venir au concert ce soir, avec tes soeurs . Ca vous ferait peut-être du bien .
-Je vais y réfléchir ."



Quand j'arrive, les filles me se
rrent dans leurs bras .
"-Merci
d'être restées les filles !
-Ca v
a aller ?
-Ouais ... ce soir on e
st invitées si vous voulez .
-Où
ça ?
-A un truc qui va vous plai
re . Un méga concert qu'on a toujours rêvé de voir ..."
Marie por
te sa main à sa bouche pour étouffer un cri de joie . Je souris . Je sais que c'est par un souci de convenance, à cause de l'enterrement, sinon elle aurait sauté au plafond !
Clara a un grand sour
ire niais sur le visage . Ok les filles, inutile de poser la question, bien sûr qu'on va y aller !
On se prend toutes les trois dan
s les bras et on se dispute pour avoir la douche en premier (comme avant !) On est prêtes, finalement, et on achète des sandwichs sur la route . J'appelle Bill pour qu'il prévienne les vigiles .


On est avec le groupe, dans la
salle de concert vide . Marie a aussitôt foncé sur la guitare de Tom, et il essaie de lui apprendre deux ou trois riffs . Je suis super heureuse pour elle !
Tiens
? Voila que mon corps me répond de nouveau : il vient de se réveiller à la vue de Bill qui a sauté de la scène !
Clara a acheté un
mini dico d'allemand , et s'essaie à la langue, comme à chaque fois qu'elle en rencontre une qu'elle ne connait pas (jvous jure, c'est fatiguant, une soeur orthophoniste et linguiste de renom !)
On essaie quand même de rester en retrait, pour les laisser répéter et se préparer .
"-Alors, les
filles, qu'est-ce qu'on dit ?
-{
en choeur} Meeeerci Juliiiiiiiie !"
Le concert ne commence que da
ns deux heures, mais on entend déjà les cris des fans dehors !
Les
garçons nous conduisent à une espèce de nacelle en hauteur : on pourra les voir sans être écrasées par la foule ! Bill a eu une super idée quand même , et je sais que Martin ne voudrait pas que je me morfonde toute seule .



C'
est dingue, le nombre de filles entassées dans la fosse ! Bill vient d'apparaitre sur scène et tout le monde chante avec lui le refrain d'une chanson de leur septième album, que je ne connais pas . le dernier accord s'envole et il prend la parole :
"-Ce soir, m
es amis, il y a certaines personnes qui aimeraient que je leur rappelle leur adolescence, alors s'il vous plait ... criez aussi fort que vous le pouvez ! SCHREI SO LAUT DU KANNST !"
Les filles et
moi on est hystériques : c'est une chanson du premier album qu'il reprend ! D'autres filles hurlent dans la salle, sans doute de très anciennes fans ! C'est trop merveilleux de réentendre ça ! On chante à tue-tête les paroles qu'on connaissait par coeur, et soudain , j'ai 15 ans ! Je regarde mes soeurs ... Marie a retrouvé ses 13 ans, et Clara vient de fêter ses 19 ! On a toutes un immense sourire et les yeux brillants d'émotion ! A la fin de la chanson, Bill nous adresse un signe de la main et on hurle à s'en faire éclater les poumons ... de vraies gamines !
Si les journalistes de
Milan apprennent ça, je suis cuite ...


A la fin du concert, je
retrouve Bill dans les coulisses et je saute dans ses bras en murmurant :
"-Merci merci merci mer
ci merci merci merci !
-Hey ! De
rien ! Ca t'a plu ?
-C'était gé-
nial ! Clara et marie te remercient aussi !"
Et puis je me rends c
ompte que pour me soutenir , il a été obligé de poser ses mains sous mes fesses ... je rougis et me laisse glisser jusqu'au sol . Il sourit, mais il a l'air vidé .
"-Dis donc, t'as l'air crevé !
-Ben j'voudrais t'y voir, à beugler pendant deux heures !
-Tu beug
les pas ! Tu chantes ! Et bien en plus ! Tu fais quoi après ?
-Je
rentre à l'hotel, une masseuse balinaise m'attend à ma chambre !"
Je dois faire une tête bizarre
parce qu'il éclate de rire !
"-J
e plaisante ! On va rentrer tous les 4 , parce qu'on est crevés ! Tu veux venir remplacer ma masseuse ?"
Aye ... encore ce sourire
en coin ... Tu veux jouer Bill ? D'accord !
"-Mmmm, j'avais un br
ésilien en attente à la maison, mais l'offre est alléchante !
-On
s'enfuit ?
-D'accord, mais vite
alors !"
Il prend ma main et on c
ourt vers la sortie . Dans le taxi, j'envoie un sms à mes soeurs, et je me rends compte que ma main est toujours dans celle de Bill . Je le regarde . Il me sourit . Il faut que je me taise . Il faut que je me ...
Il ne me laisse
pas l'occasion de penser plus longtemps : sa main libre s'est avancée jusqu'à mon visage et ses lèvres ont rejoint les miennes ...
Je lache mon portable et goute à
la douceur de ce baiser, en me retenant de penser au travail . sa main glisse vers ma nuque et caresse mes cheveux . Mes lèvres s'entrouvrent et sa langue les caresse . La mienne s'y ajoute, elles se rencontrent . Ma main avale la distance jusqu'à sa taille . De l'autre je m'appuie contre le fauteuil .
Oh mon dieu ... je s
uis en train d'embrasser Bill Kaulitz ...

Le taxi s'arrête . on
y est déjà ? Bill paie et m'entraine par une porte de service dont on lui a donné la clé . On court vers l'ascenseur et on l'attrape juste avant que les portes ne se referment . A l'intérieur, un couple agé nous dévisage . Entre ma robe rouge vif et les cheveux de Bill, ils ont de quoi se poser des questions ... heureusement les portes s'ouvrent et ils sortent . Avec Bill on se regarde et on pouffe de rire . Cette fois-ci, c'est moi qui me rapproche de lui . je le bloque contre la paroi, mes mains sur son ventre, ma bouche à quelques millimètres de la sienne ... mais la porte s'ouvre de nouveau, et il m'entraine en courant dans le couloir .
Deva
nt la porte de sa chambre, il s'arrête et fouille ses poches à la recherche de sa carte magnétique . J'en profite pour lire le sms de Marie :
"Hey Sistah ! T'as vr
aiment trop de chance toi alors ... bonne nouit ! J'te nem à la vietnamienne !"

Je souris . La po
rte s'ouvre . La lumière ne s'allume pas, et c'est tant mieux ...
Chapitre 5

# Gepost op woensdag 06 juni 2007, 13u33